LES DEFINITIONS DE LA MORT
par
Marc-Alain
DESCAMPS
Les sociétés occidentales commencent à tirer les
leçons des EMI
(Expériences de mort imminente ou NDE
Near Death Experience).
Pratiquement cela a déjà abouti à un début de
transformation de la société
avec la remise en cause de l'acharnement thérapeutique,
l'accompagnement des
mourants, les services alternatifs, l'action de l'Association pour le
droit de
mourir dans la dignité, etc.
Théoriquement, on en arrive à une nouvelle
définition de la mort. D’abord scientifique,
puis philosophique.
Les récits des personnes, qui ont été déclarées
mortes, qui ont parfois eu
un certificat de décès signé par deux médecins, et qui sont revenues à
la vie,
ont bouleversé nos anciennes convictions
A.
SCIENTIFIQUE
Il nous faut changer notre
définition de la mort. L'étude de l'ensemble convergent de ces diverses
expériences et de toutes ces recherches mène à conclure que nous ne
savons plus
ce qu'est la mort. Nous attendons que la science nous en donne une
définition
incontestable. Or nous ne rencontrons qu’une définition administrative.
Les médecins ont constamment
changé
leurs critères de la mort : l'arrêt de la respiration, la cessation des
battements du coeur et maintenant on en est à la mort cérébrale.
Scientifiquement,
on est donc amené à distinguer bien des morts : clinique, cérébrale,
physiologique, fonctionnelle, biologique ...
1). la constatation des quatre signes fondamentaux
: 1. abolition contrôlée
de la respiration spontanée 2. abolition de toute activité des nerfs
crâniens
3. perte totale de l'état de conscience, à l'exception des réflexes du
tronc et
des membres 4. un électroencéphalogramme plat pendant trois minutes.
2) l'élimination des étiologies simulatrices comme
intoxication,
hypothermie, troubles métaboliques ...
3) un délai d'observation minimum, mais variable
selon l'étiologie, où ces
signes sont constants.
On voit combien cette définition reste imprécise,
il faut que cela dure
"un certain temps", on en est maintenant à 30 minutes
d'électroencéphalogramme plat et ce n'est pas suffisant. On n'a atteint
en fait
que la première étape de la mort, mais c'est cela qui permet tous les
prélèvements d'organes vivants sur le corps d'un individu mort ! Mais
ceci ne
se pratique pas ni Japon ni dans la plupart des pays musulmans qui ne
veulent
pas que l'on prélève des organes sur un corps "le coeur battant".
D'ailleurs une enquête récente sur les médecins préleveurs montrent
qu'eux-mêmes ne parlent de mort qu'après leurs prélévements.
Le plus révélateur de l'absence de définition
incontestable de la mort est
l'étude de l'heure du décès portée sur le certificat de décès. Selon
l'enquête
de France Transplant cela peut être selon les hôpitaux : l'heure
d'entrée au
bloc opératoire pour les prélèvements, l'heure du clampage de l'aorte
ou bien
l'heure du débranchement du respirateur.
Cette absence de définition de la mort se répercute
sur le statut incertain
de ces vivants/mourants. Et cela va de plus en plus se généraliser avec
les
transplantations d'organes. Des individus, déclarés en état de mort
cérébrale,
(donc officiellement morts), continuent à être soignés et nourris (pour
éviter
la mort physiologique) dans l'attente d'un prélèvement d'organe, en
tenant
parfois les personnels paramédicaux dans l'ignorance de la mort de ce
"cadavre vivant", dont ils continuent à s'occuper avec dévouement
parfois jusque pendant 10 jours.
B. LE
PROCESSUS DU MOURIR.
Nous
concluons donc qu'il faut remplacer "la mort" par "le
processus du mourir", c'est-à-dire l'acte instantané par une
transformation progressive avec bien des étapes successives. La mort
n'existe
pas en tant qu'état soudain et instantané : vivant ou mort, en un
instant on
serait passé de l'un à l'autre. Ce qui existe à sa place c'est "le
processus du mourir", un long et lent processus avec bien des étapes
qui
font que l'on est de plus en plus mort. Ceci est conforme à la
définition de
Bichat : la vie est "l'ensemble des fonctions qui résistent à la
mort".
Les rescapés de la mort et les témoins
de NDE ne disent pas autre chose.
Ils ont été dans les zones frontières, à la porte de Thanatos, aux
confins de
la mort. D'où le nom que nous proposons Voyages
à l'Orée de la mort (V.O.M.), car il dit bien ce qu'il veut
dire, mieux en
tout cas que NDE. Dans cet état
intermédiaire
entre la vie et la mort, on a déjà bien avancé dans le processus du
mourir,
mais l'on n'est pas complètement et définitivement mort. C'est ce que
symbolise
cette fameuse frontière qu'aucun ne dit avoir franchi. Elle se présente
sous
bien des images (un voile impénétrable, une clôture, une porte, un
frein, une
main qui stoppe, une voix ...).
On voit donc bien à ce point de notre
réflexion le ridicule du débat : les
témoins de NDE étaient-ils morts ou non ? La polémique ne pouvait
naître et se perpétuer
que dans l'ancienne conception de la mort instantanée : on est mort ou
vivant.
Non, ils ont commencé à mourir et en ont franchi les premières étapes,
mais
jamais les dernières. Le premier apport de leur voyage est de faire
comprendre
qu'il s'agit d'un processus.
Et cette découverte de la nouvelle science
occidentale de la mort était
bien connue depuis longtemps des Tibétains. Leur étude expérimentale du
processus du mourir les avait amené à conclure qu'il faut parfois
jusqu'à 49
jours pour que le processus du mourir soit complètement achevé. C'est
ce
qu'expose leur Livre de la mort et de la vie (Bardo-Thödol).
C. LA
MORT-ANEANTISSEMENT N'EXISTE PAS
1. L'état dont on
ne revient pas. La
définition philosophique la plus répandue est
"l'état dont on ne revient pas". Ce n'est pas une
définition
scientifique car il n'y en a aucune preuve, c'est une définition
"philosophique" ou plutôt dogmatique. De plus c'est une pure
tautologie, qui préjuge de la question, car c'est bien là
ce qui est contesté
(depuis toujours et au moins depuis Platon). Aussi lorsqu'un
médecin adopte
cette définition, il sort du cadre de la science, pour adopter
une position
philosophique, parfaitement légitime, mais qui n'a plus rien
à voir avec la
science et ses preuves. Dans cette pétition de principe la
question est résolue
car on est amené à nier les faits : lorsque quelqu'un
revient à la vie après
avoir été déclaré mort, le médecin
se désavoue et reconnaît s'être trompé dans
son Certificat de décès, puisque qu'il sait, par sa
conviction philosophique,
que ce n'est pas possible. L'autre définition philosophique que
bien des
spiritualistes commencent à lui préférer c'est
"l'impossibilité de
communiquer avec ceux qui ont un corps physique".
Ecrire que la mort n'existe pas, pouvant paraître
une affirmation
paradoxale ou même scandaleuse pour bien des personnes, il convient de
préciser
exactement : quelle mort n'existe pas, pour qui et pourquoi ?
a) La mort matérialiste. En tout cas ce qui existe c'est la souffrance, la
peur et l'agonie ... La
souffrance est
une expérience universelle, qui fait partie de la condition humaine.
Ses
occasions sont nombreuses : la douleur physique, la maladie, la
vieillesse ...
et elles s'intensifient à l'approche de la fin de la vie. C'est la
première constatation
qu'a fait le Bouddha et la seconde c'est que le monde entier vit dans
la peur.
La peur de souffrir d'abord puis la peur de mourir, qui est la racine
de toute
peur. Une longue et douloureuse agonie est ce que l'on craint le plus.
L'agonie
est la dernière lutte avant de mourir. Mais l'agonie n'est pas la mort
:
"tant que j'agonise, je suis vivant et quand je suis mort, l'agonie est
terminée". Ce qui nous angoisse c'est toutes ces luttes et ces
souffrances
avant de mourir, car trop souvent elles sont bien réelles. Et ce n'est
que très
récemment que certains médecins, dans des services alternatifs, se sont
décidés
à adoucir ces derniers instants avant la mort.
La mort qui n'existe pas est la
mort/anéantissement, la mort des
matérialistes. Terrorisés par la mort chrétienne, avec son alternative
entre
l'éternité de jouissance du Ciel ou les souffrances sans fin de
l'Enfer, les
matérialistes ont préféré inventer une mort qui serait la fin de tout.
La mort
pour eux serait la disparition du principe pensant (âme, mémoire ou
conscience
...), l'anéantissement total, après il n'y aurait plus rien. Une telle
croyance, indûment diffusée au nom de la science, va avec le monde
matérialiste
que nous subissons : l'acharnement thérapeutique, la
vieillesse/catastrophe,
les mouroirs/dépotoirs, la désespérance et la nausée sartrienne. Les
philosophes matérialistes du dix-huitième siècle, scientistes du
dix-neuvième,
marxistes du vingtième ont inventé, créé, puis diffusé obligatoirement,
une
nouvelle mort dont la définition est : "la
mort comme fin absurde d'une vie dénuée de sens".
b) l'absence de corps
physique. Or que
nous disent ceux qui sont revenus des
premières étapes du processus du mourir ? C'est qu'après avoir été
déclaré
mort, on est toujours là. Le principe conscient est toujours présent et
vivant.
Et même l'on a encore un corps, seulement moins dense, moins matériel.
On n'est
plus dans le corps de chair, mais on a encore une enveloppe d'énergie
(que
certains appellent le corps éthérique et le corps astral). Simplement
ceux qui
ont un corps de chair (les vivants) ne les voient pas, ne leur parlent
pas,
peuvent passer à travers leur corps d'énergie, comme à travers un
brouillard.
Les morts sont donc au milieu des vivants et la mort peut se définir
comme
l'impossibilité de communiquer avec ceux qui ont un corps de chair.
Et ceci est expérimenté dans de
nombreuses circonstances (opérations,
accidents, chutes, noyades, extases, transes, sorties du corps ...). De
plus en
plus d'affirmations de ces "morts" dans le coma sont vérifiées
sérieusement et indubitablement dans des témoignages de plus en plus
nombreux
(paroles de l'équipe chirurgicale, descriptions d'appareils sous
anesthésie,
voyages ailleurs, comme la chaufferie de l'hôpital ...). L'esprit
scientifique
demande de vérifier ces témoignages, au lieu de se boucher les oreilles
et de
fermer les yeux pour ne pas avoir à renoncer à ses convictions. (Comme
Claude
Bernard qui a refusé d'aller examiner une femme qui vivait sans manger,
car il
savait que l'inédie est impossible). On doit donc tenir compte du
témoignage de
Diane Chauvelot, médecin psychanalyste, qui a montré en 1995 que
pendant ses 47
jours de coma son esprit fonctionnait et enregistrait inconsciemment
ses
perceptions.
c) La vraie mort. L'enseignement des Tibétains a toujours été
qu'après la mort, on est dans une sorte de rêve, seulement plus
consistant que
les rêves du sommeil. Tout ce que nous avons dans notre inconscient est
projeté
à l'extérieur et vu avec surprise sans être reconnu. Comme dans un
rêve, un
songe ou un cauchemar, c'est nous qui nous créons nos propres cieux,
purgatoires ou enfers. Ce dont nous sommes convaincus dans notre
inconscient
individuel et collectif (selon nos croyances culturelles), nous le
rencontrons
en face et le subissons, sans reconnaître que nous sommes en train de
le
projeter. L'enseignement de leur Livre
des morts est maintenant confirmé, non seulement par les
récits de témoins
de NDE ou Voyages à l'orée de la mort,
mais aussi par des expérimentateurs comme Monroe et ses élèves. Dans
leur
équipe Lifeline ils découvrent
dans
les régions proches, ou les premiers anneaux, des êtres humains
inconscients de
leur mort, perdus ou bloqués sur une colère, l'indignation d'une
injustice,
l'attachement à un vivant, etc. Certains athées matérialistes, qui
savent qu'il
n'y a rien après la mort, ont projeté ce "rien" sous forme d'une
coquille où ils s'isolent de tout en réalisant leur conviction,
puisqu'ils sont
sur qu'après la mort il n'y a rien.
Le principal apport de la psychologie
moderne, et en particulier de
Stanislav Grof, est dans la notion de périnatal. Les expériences
montrent que
le revécu de sa naissance se fait sous forme de mort et que celle de la
mort
n'est pas séparable de sa naissance. Et si l'on écoute les nombreux
témoignages
dans ce domaine, il semble que la majorité trouve le revécu de sa
naissance
plus douloureux que celui sa mort. La naissance est la mort de la mort,
et aux
expériences de l'après-mort répondent celles de l'avant-vie. On les
retrouve
dans l'enseignement des grandes traditions, comme, par exemple, dans les koans (maximes
énigmatiques) du Zen
: "Ils ont peur de la mort et ils ne
sont même pas nés" ou "Les
vivants sont dans le cercueil et les morts suivent".
La vraie mort est dans le changement et l'oubli,
alors elle est de tous les
instants et n'est pas séparable de la vie. Elle ne lui est pas
opposable, elle
en fait partie. La condition humaine qui est incluse dans le temps,
fait que
nous mourons et renaissons à chaque instant. J'ai commencé par être un
nouveau-né,
qui a disparu pour laisser la place à un nourrisson, puis à un bébé,
enfant,
ado. jeune, adulte, personne âgée ...
La vraie mort n'est donc pas celle du corps mais
celle de la conscience, ce
serait l'extinction du principe de conscience. L'outil de permanence
dans le
changement est la mémoire qui assure la persistance. Au delà du
changement, la
véritable mort est l'oubli. Cet oubli
se
disait en grec léthé et se
trouvait
dans l'eau d'un fleuve des enfers que l'on buvait avant de se
réincarner pour
oublier sa vie passée. Aussi un peu partout sur la terre le culte des
morts
inclut-il les cérémonies du souvenir.
La tradition nous apprend que le Soi ou essence
de nous-mêmes, est immortel
et éternel. Lors d'une vie il est recouvert par la personnalité et son
égo,
avec lequel nous nous identifions à tort. Le remède est l'érosion de
l'égo au
profit du Soi. Il ne s'agit en fait que d'une transformation ou
transmutation,
comme une femme qui change de nom en se mariant ou la chenille qui pour
devenir
papillon passe par la nymphe et la chrysalide. Cela n'est jamais vécu
comme une
perte ou une diminution, mais comme un accroissement ou un gain :
lorsqu'on
allume la lumière forcément disparaît l'obscurité.
Et
l'on comprend avec Rumi que "mourir c'est
célébrer ses noces avec
l'éternité". Le Soi ne naît ni ne meurt. Si l'on peut
reconnaître sa
présence sous la coquille de l'égo, la peur de la mort s'amenuise et
disparaît.
D'ailleurs ceux qui ont avancé dans les premières étapes du processus
de mourir
disent avoir ressenti un grand sentiment de calme et de paix, puis d'amour et de joie.
D. LA
REORGANISATION SOCIALE.
1. Brève histoire
sociale de la
mort. Tout le monde
meurt, mais
on ne meurt pas de la même manière. Les modalités et le vécu d'une mort
dépendent de la conception que la société s'en fait. L'ethnologie et
l'étude
des civilisations nous ont révélé des variétés très diverses. Pendant
longtemps
la mort était contagieuse et l'on ne mourait pas seul (soldats,
esclaves,
femmes et serviteurs du chef l'accompagnaient dans la mort et étaient
enterrés
dans son tumulus), puis quand on a été fatigué de hurler, de s'arracher
les
cheveux, se mutiler, s'écorcher et se déchirer les vêtements, on a
engagé des
pleureuses professionnelles, enfin quand on a compris et admis que
c'était
inéluctable, l'humanité a finit par vivre la mort, l'enterrement et le
deuil
avec plus de retenue, de calme et de sagesse.
Et chez nous les historiens nous ont
montré
comment nos conceptions de la
mort ont changées au cours des siècles. Les trois
principales sont la mort
païenne, la mort chrétienne et la mort matérialiste.
La mort païenne dans
l'Antiquité est une mort écrasée par
l'impossibilité de l'empêcher et une
croyance de simple principe en une pâle survie dans les Champs
Elysées. La mort
chrétienne, où l'on se réjouit d'aller enfin
rejoindre son Dieu, n'a jamais été
réellement vécue, à part pour quelques saints
comme François d'Assise ou
François de Salles. A la place s'est installé en Europe
la terreur d'un enfer
éternel de tortures infinies. On peut détailler les
variantes de cette mort :
convulsée et obsédée au Moyen-Age, lyrique
à l'âge baroque, exemplaire à l'âge
classique,
minimisée et désinvolte au dix-huitième
siècle, emphatique à la Révolution,
avec une émotion retrouvée pour les Romantiques ... La
profonde conviction de
la damnation dans l'éternité des tortures a
conduit de plus en plus de matérialistes à inventer la
mort-anéantissement. Le "rationalisme" triomphant voit une délivrance
dans la fin de tout
et essaie de rendre
scientifique cette fiction philosophique.
b) la transformation de
la société. De ce
début actuel de changement de conception de
la mort découlent déjà beaucoup de transformations sociales. D'abord la
fin de
l'acharnement thérapeutique. Lorsqu'on n'accorde aucune valeur à la
mort, qui
est la fin de tout, on ne peut que lutter contre elle de toutes ses
forces,
même au prix des raisons de vivre. Les divers scandales de tortures
prolongées
inutilement sur les mourants (Franco, Tito, Bourguiba ...) ont commencé
par
discréditer cet acharnement thérapeutique. Et on :lui a substitué la
notion de
choix existentiel du malade et de qualité de vie. Les centres de soins
palliatifs se sont multipliés et l'accompagnement des mourants devient
une
mission de vie, etc.
Une autre conséquence des NDE porte sur "la bonne
mort". Pour
bien des contemporains, sous l'influence des matérialistes, la bonne
mort
serait une mort dont on ne s'apercevrait pas. Alors que la mort, une
fois
acceptée, doit au contraire être vécue consciemment pour rester
humaine. Et
cela exige que l'on meure dans la dignité due à la personne humaine.
c). La victoire sur la
mort. C'est ce
message que doivent transmettre les
personnes âgées. Il leur reste à réussir leur mort, après avoir réussi
leur
vie. La mort est l'acte ultime de la vie, son accomplissement. En fait
ce n'est
qu'un changement de plan de travail, comme la naissance. Le but du
quatrième
âge est de dépasser la peur de la mort et de l'envisager de façon
sereine. Le
dernier acte du Yogi, comme du Lama tibétain, est d'aller au-devant de
la mort
en chantant. Ainsi la pyramide des âges engendre l'équilibre social,
comme dans
toutes les sociétés traditionnelles. Mais en Occident postindustriel,
la
pyramide des âges s'est inversée et notre société a perdu son équilibre
naturel. L'axe, est passé des "vieux" aux adultes travailleurs, puis
aux jeunes, pour aboutir aux "ados" modèles des films, T.V. et
publicité. Aussi vit-on dans la terreur de la mort, en refusant d'y
penser. Si
ceux qui sont chargés de dépasser la peur de la mort et de donner
l'exemple ne
peuvent plus réaliser leur but, c'est toute la pyramide sociale qui
s'écroule.
La peur de la vieillesse et de la mort s'installe de façon insidieuse à
travers
tous les âges et empoisonne l'ensemble du corps social. L'ultime
travail est
donc de rétablir l'équilibre de notre société après avoir compris ce
qu'est
vraiment la mort. Comme le disait cette agonisante lucide : "Mais
pourquoi
avez-vous si peur ? Après tout, c'est moi qui meurt, ce n'est pas
vous".
Ceux qui ont fait l'accompagnement des mourants témoignent que dans ces
cas ils
reçoivent bien plus qu'ils ne donnent : la confiance sereine et joyeuse
du
partant induit un réassurement dans l'accompagnant.
La victoire sur la mort est dans la mort de la mort. La conscience de la
Vibration d'Amour guérit
de l'obscurcissement, de l'oubli et de la mort. La Lumière ne naît pas
de
l'ombre, mais l'ombre meurt de la lumière. Et tout travail en ce sens
fait par
un individu peut être passé aux autres et reste acquis à l'humanité.
Références
ARIES Philippe, Essai sur
l'histoire
de la mort en Occident, Seuil, 1955
BON Michel, Morts extraordinaires,
éd. Trédaniel, 1996
BON Michel, Accompagner les personnes
en fin de vie, éd. L'Harmattan, 1994
DESCAMPS Marc-Alain, Qui meurt et qui
naît ? Question de n° 71, éd. Albin Michel, 1987
MULLIN Glenn, Pour mieux vivre sa
mort, éd. Trismégiste, 1990
SOGYAL Rimpoché, Le Livre tibétain de
la vie et de la mort, éd. La table ronde, 1994
THOMAS Louis-Vincent, Anthropologie
de la mort, Payot, 1975
POUR EN SAVOIR PLUS :
LES EXPERIENCES DE MORT IMMINENTE ET L’APRÉS VIE
Marc-Alain DESCAMPS
EDITIONS DANGLES 2008
Qu’y a-t-il après la mort ? Comment
percer le mystère des Expériences de
Mort Imminente (EMI) ou Near Death
Experience (NDE) ? Pourquoi ces
expériences se multiplient-elles à notre
époque ? Les EMI ouvrent une
perspective nouvelle qui soulève partout
dans le monde un intérêt passionné et
suscite la curiosité scientifique. Dans cet
ouvrage, l’auteur présente un panorama
de toutes les questions soulevées par
l’émergence d’une Nouvelle science
occidentale de la mort.
